Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

A quelle heure il fait chaud ?

Click for Nouméa, New Caledonia Forecast


Il y a    personne(s) scotchée(s) sur ce blog

Visites depuis février 2008

Le buzz

acheter-mon-livre-sur-thebookedition

Rejoins-nous vite !


28 mai 2008 3 28 /05 /mai /2008 20:00


Aujourd'hui, étude comparative de cas entre collégiens métropolitains et maréens. A destination des collègues enseignants, les dépressifs comme ceux proches de la reconversion ou de la démission, les désabusés comme ceux hésitant à demander leur mutation dans les îles. En espérant n'avoir oublié personne.


Premier cas de figure
 : après plusieurs avertissements verbaux et une montée palpable de la tension, on se laisse aller inconsidérément à réprimander un élève.

En métropole : la réaction est immédiate. Elle peut aller du classique « z'y vas ! », prononcé d'un ton machinal tout en soupirant, au non moins classique « c'est bon ! », asséné d'un ton excédé qui signifie que l'on a dépassé les bornes. Les deux expressions peuvent parfois être assorties d'un haussement de paupières ostentatoire marquant l'irritation particulière du sujet. Le mieux est alors de laisser tomber l'affaire, si possible en s'excusant auprès du petit sauvageon.
Lorsque l'individu manque de lettres, sa réaction peut se résumer à un « quoi ? » asséné d'un air éreinté mais qui n'en limite pas pour autant la portée. Surtout s'il agrémente son interrogation d'un discret mouvement de main, majeur tendu. Dans le meilleur des cas, on peut avoir droit à un « c'est pas moi ! » sans appel. Là encore, à moins de vouloir aller au devant de graves désagréments, le mieux est encore de tourner courageusement les talons, avant la prochaine réplique.

Au collège de La Roche : à la première réprimande, souvent non verbale, un simple regard se révélant souvent suffisant, le garnement baisse la garde, les yeux, la tête et se dissimule derrière son bras (plus facilement accessible qu'un trou de souris). L'affaire est réglée. Dans les cas plus rares ou une deuxième réprimande, orale cette fois-ci, est nécessaire, la réponse fuse alors, on ne peut plus claire : « pardon, monsieur. »



Deuxième cas de figure : à midi, avant d'aller manger (également valable en fin de journée).

En métropole : à la sonnerie, les élèves, injustement brimés par plusieurs heures de cours, parfois d'affilée, expriment leur contentement et leur esprit créatif en se bousculant, en hurlant et en jetant en l'air le sac de leurs petits camarades. Vouloir réglementer tout cela et c'est la digestion future qui peut s'en trouver gravement compromise.

Au collège de La Roche : c'est au son discret d'un « bon appétit, monsieur » que se dispersent les petites têtes brunes. Certains élèves, qui ne sont pas forcément de la classe, font parfois le détour pour présenter eux aussi leurs civilités, en passant timidement la tête par la porte entrouverte.


En métropole, si le processus cognitif de la découverte faisant appel au vécu de l'élève, cher aux pédagogistes de salon, n'a pas permis l'acquisition de l'expression « au revoir », cette dernière est traduite à Maré par « à demain » (prononcée « 'demain ») et servie à toutes les sauces (le soir, bien sûr, mais aussi à midi et les veilles de week-end ou de vacances). Avec un grand sourire en prime.


Troisième cas de figure
 : le soir, à la sortie des classes, des gamins courent derrière votre voiture.

En métropole : on accélère, en baissant la tête.

Au collège de La Roche : on garde une allure constante et on passe la main par la vitre pour saluer.



Quatrième cas de figure : les conseils énoncés dans le premier cas de figure n'ont pas été suivis. Le ton monte et vous saisissez le bras de votre interlocuteur pensant ainsi lui faire entendre raison.

En métropole : quelle erreur ! Vous voici hors la loi ! Vous venez de commettre un acte fermement prohibé par la Convention des Droits de l'Enfant de 1989, la Convention de Washington sur les espèces protégées, les Instructions Officielles, le Recueil des Lois et Règlements, le Règlement Intérieur de l'Etablissement, l'UNICEF, SOS Racisme, la SPA, ainsi que par M. le Recteur de l'Académie, celui de la Grande Mosquée et Dieu le Père. Si la gendarmerie ne vient pas vous chercher séance tenante, un Conseil familial de quartier pourra se réunir qui enverra un émissaire (un père ou un grand frère) vous rappeler vos devoirs et vos devoirs, avec des arguments sonnants et contondants à l'appui.
Quoi qu'il en soit, la malheureuse victime, consciente, elle, de ses droits, vous remet instantanément dans le droit chemin : «  t'as pas l'droit d'me frapper ! »

Au collège de La Roche: voir le cas de figure n°1.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bob Tazar - dans Pédagogie mon amour
commenter cet article

commentaires

Fanny 15/01/2009 02:59

Hello Bob Tazar !
Je n'avais pas commenté à l'époque, mais j'ai beaucoup souri, voir ri, à la lecture de ton billet.
Merci pour ce bol d'air frais et souriant !
Fanny

Bob Tazar 19/01/2009 08:13


Merci a toi, Fanny.


Jeannie 02/06/2008 00:12

Je viens de rattraper mon retard dans la consultation de ton blog.
Mais oui j'ai tellement d'occupations maintenant que je suis déchargé des gros soucis ménagers.
J'admire tes talents de conteur.Si je tire une conclusion de tes solutions comparatives les jeunes sont encore polis et respectueux comme tu as de la chance! superbes photos je rêve! bisous

Bob Tazar 09/06/2008 06:38


C'est comme moi, maintenant que je suis déchargé des gros soucis ménagers, j'ai plein d'activités !


Stefanny 29/05/2008 13:26

Tes photos sont pleine de vie, d'émotions ... On a vraiment l'impression d'y être, là-bas, tout près d'eux dans la cour d'école.
Cela doit être apaisant si tout se passe comme ça ... un réel plaisir ! Bises :)

Bob Tazar 09/06/2008 06:41



Enfin, c'est quand même le boulot, ne l'oublions pas...



Tatie Nicole 28/05/2008 21:59

Ainsi donc c'est en Nouvelle-Calédonie et sur les îles Loyauté que se sont réfugiées politesse et bonnes manières...Si je n'étais atteinte par la limite d'âge je demanderais mon détachement !Tes photos sont superbes tu devrais publier un album Ils sont bien sympathiques ces petit(e)s kanak .J'imagine ce que donneraient sous nos climats de telles séances de photos...Je te remercie,mon neveu préféré ,pour les moments d'évasion que tu nous donnes?Je t'embrasse.Tatie.

Bob Tazar 09/06/2008 06:45


Ainsi donc c'est en Nouvelle-Calédonie et sur les îles Loyauté que se sont réfugiées politesse et bonnes manières...C'est exact, juste au fond à droite en sortant de l'Australie.