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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 23:30

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Qui a dit qu’il ne se passait jamais rien à Maré ? Sûrement pas moi !

L’activité culturelle de cette fin d’année n’a jamais été aussi intense dans l’île qui parle à votre cœur. Une librairie vient enfin de voir le jour, oui madame. Plus exactement, un rayon « livres » dans une des trois grandes surfaces du coin, à savoir le magasin « Golf » de Wabao. Enfin, pour être tout à fait exact, un emplacement réservé entre les chewing-gums et les Chupa Chups, où peuvent maintenant majestueusement s’insérer trois exemplaires de « Chef, oui chef ! », le dernier roman de ton serviteur.

 

Il s’agit du seul livre à la vente sur l’ile et ce, sauf erreur de ma part, depuis 1842 et l’arrivée des santaliers britanniques. A cette époque, les Blancs voulurent introduire de force le livre et la lecture dans la très traditionnelle société mélanésienne. Un différent éclata à Dranin, au sujet d’une traduction hésitante de Robinson Crusoé en nengone.

Les nouveaux arrivants finirent mangés en bougna, après huit heures de cuisson. Quant aux livres, moins comestibles que les ignames et moins fonctionnels que les casse-têtes, ils furent rejetés à la mer.

Depuis cette époque, le bouquin n’a pas très bonne presse à Maré, si tu me permets ce calembour approximatif. Mais les choses évoluent…

 

Sollicitée pour participer à la grande Révolution culturelle en marche, Marie, la responsable de « Golf », accepta ma proposition avec enthousiasme :

- ^^.

Et ne put s’empêcher de s’exclamer, alors que je lui apportais religieusement les trois exemplaires promis :

- Ooohhh, c’est beau, un livre !

 

Me voici donc le seul et unique écrivain publié à Maré. Je n’en suis pas peu fier. Une exclusivité totale et absolue que même M. Houellebecq, dans ses rêves les plus fous, n’a jamais pu réaliser.

 

Quant à tous ceux qui mégoteraient encore à faire le trajet jusqu’ici pour se procurer l’Oeuvre, il reste toujours la bonne vieille méthode traditionnelle, en cliquant sur le splendide lien ci-dessous…


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Published by Bob Tazar - dans Chef - oui chef !
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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 08:00


Partant du principe qu’un bon DVD de 20 minutes sera toujours plus efficace qu’une mauvaise formation de deux ans, l’académie de Créteil, toujours à la pointe de l’innovation pédagogique, est passée à l’action. Elle a édité, en 2010, un DVD intitulé sobrement « Tenue de classe »,
à l’attention louable des nouveaux enseignants. Contrairement aux apparences (qui sont souvent, tu le sais, trompeuses) le but de ce DVD n’est pas de donner des conseils vestimentaires (pour ou contre la burka ou le string apparent) à ces néo-forçats de la cause éducative, mais bien de leur apprendre, ce qui pourra toujours servir, comment tenir leur classe. D’où le titre.

 

Au sujet du contenu, et bien que n’étant pas à proprement parler un néo-titulaire, un conseil, pudiquement appelé « outil pédagogique » et que je n’hésiterais pas à qualifier de « révolutionnaire », a tout particulièrement retenu mon attention jusque là vacillante. Dans le chapitre « Prévenir et gérer les perturbations », on voit un jeune professeur au charisme incontestable, M. Clerc, suintant d’autorité naturelle nappée de respect, faire face à un début de chahut dans sa classe. Dans le 9.3, il faut oser !

Pour cela, au lieu de leur passer une bonne soufflante ou d’envoyer en reconnaissance une tarte à cinq doigts, comme aurait fait n’importe qui, il se penche légèrement vers les agités du premier rang, tout en posant délicatement deux doigts sur leur table. L’index et le majeur, c’est très important. Instantanément, les yeux des sauvageons sont irrésistiblement attirés par ce geste aussi doux qu’hypnotique, entraînant dans leur voie rédemptrice l’ensemble de la classe. Le boxon cesse comme par un phénomène uniquement repéré jusqu’à présent dans les aventures d’Harry Potter. Le super prof peut alors continuer le cours qu’il n’avait même pas interrompu, d’une voix toujours aussi douce et agréable qui captive ses élèves jusqu’au plus profond du slip, dans le meilleur des mondes sereins.

 

Malgré le carat qui m’habite depuis quelques temps déjà, je suis toujours à l’affût d’expériences novatrices, et pas seulement au niveau du dessous de la ceinture. Je vais donc dès aujourd’hui tenter le coup du père Clerc dans mon CDI, non pas pour circonscrire un début de bordel (la contagion métropolitaine n’a pas encore atteint Maré) mais pour favoriser la communication en français avec mes petits élèves, communication qui, je dois quand même le reconnaître, est parfois légèrement défaillante. Sans oublier, bien sûr, d’adapter cette pratique innovante aux forts particularismes locaux en y ajoutant, au diable les varices, un troisième doigt. Le pouce pour être précis, dans un mouvement de pince à l’esthétisme hardi. Mais là, je m’emporte peut-être un peu…

 

- Monsieur, liv’ !

Comment c’était, déjà ? Ah, oui… Se pencher légèrement, poser deux, non, trois doigts sur la table. Merde, le petit impétrant n’est pas assis, mais se dandine debout à l’entrée du CDI. Bon, pas de panique, je recommence. Premier point : le faire asseoir. Puis se pencher vers lui, poser trois doigts, capter son attention et l’inciter d’un regard doux et motivant à reformuler calmement sa demande. Une voix s’élève alors jusque dans les cieux azurs, comme un vol de colombe immaculée :

- Monsieur, est-ce que je peux emprunter un livre, s’il vous plaît ?

Oh, putain ! Ça marche ! Miracle ! Merci l’académie de Créteil ! L’oiseau Pédagogie existe, je l’ai vu !

 

- Monsieur, gaz !

Allez, ça devrait aller tout seul, maintenant, surtout que l’énergumène est déjà assis… Pencher, poser, capter, inciter…

- Monsieur, ayant un exposé à réaliser sur les gaz polluants, je désirerais savoir, s’il vous plaît, si vous disposeriez au CDI d’une documentation idoine susceptible de m’aider dans mes recherches visant à traiter ledit sujet, sujet que vient de me délivrer ma professeur de physique-chimie, Madame Alexis, dans son infinie bonté.

Awa, trop fort ! L'ôngin, les mecs de Créteil, y sont fins malins !



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Published by Bob Tazar - dans Pédagogie mon amour
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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 08:00


L’enseignant est, par nature, doté d’un fort esprit de sacrifice. Je ne parle pas là du stoïcisme surdimensionné qui le pousse à supporter, toute une carrière durant, brimades et vexations sans jamais enclencher la machine à baffes. Non. Je veux parler de la nécessité absolue de se vouer corps et âme à sa vocation première, la transmission d’un savoir tout en suscitant le désir et en stimulant la volonté chez nos chères petites têtes brunes. Après que ces dernières aient bien voulu ôter leur capuche et cracher leur chewing-gum, bien entendu.

 

Le problème de l’enseignement dans nos sociétés modernes occidentales provient, en grande partie, des multiples sollicitations extérieures auxquelles doit faire face l’enseignant moyen. Cela ne peut que nuire à son rendement et à son efficacité. Comment aborder de manière efficace et didactique la division de nombres à virgule après une matinée consacrée à lécher les vitrines d’une galerie commerciale aussi futile que clinquante (et à faire chauffer la carte bleue) ? Dans le même ordre d’idée, l’étude de l’appareil reproducteur du crapaud souffrira immanquablement d’un léger manque de rigueur scientifique lorsqu’elle sera dispensée après une nuit blanche passée à siroter une quantité hautement déraisonnable de Gin tonic, la tête appuyée sur une enceinte JBL de 1 500 watts crachant en boucle la dernière soupe de David Guetta.

 

A Maré, par contre, l’enseignant se retrouve de fait placé dans un contexte idéal pour sa pratique professionnelle quotidienne. Il pourra, tel le moine cistercien cloîtré dans son monastère et son ascétisme primaire, se consacrer pleinement à la noblesse de sa tâche sans craindre de s’abîmer dans des abysses pédagogiquement insondables où la queue du prof ne doit jamais mettre le pied.

 

Ici, un seul restaurant, toujours désert, dont la seule animation consiste en la diffusion alternée du journal de 19h30 sur TNC et le dernier Hnatr Buama, en fond sonore. Avant la fermeture définitive de l’établissement, à 21h au plus tard.

Trois petits magasins (grandes surfaces de petite taille) dont le rayon « mode » tient dans une boîte à chaussure.

Un nakamal pour régurgiter l’infâme kava, à la tombée du jour et au coin du feu.

Et puis c’est tout.

 

Pas de bar, de troquet, de salon de thé, de pub, de bouclard, de piano-bar et autre boîte de nuit. Pas de pizzeria japonaise, de restaurant italien, ni d’épicier marocain. Pas de SOS pizza, ni de Mc Do Burger Quick. Pas de Carrefour, de Mammouth ou de Géant-Casino. Pas de magasin de sport, de disquaire ou de vidéo club. Encore moins de salle de concert, de cinéma, de théâtre, de musée du Louvre ou de cirque Pinder. Pas de boucherie Sanzot ou de pâtisserie Lenôtre. Plus de scie circulaire pour l’unique poissonnerie. Pas de librairie ou de marchand de journaux, même pour allumer le feu. Deko magasin d’informatique, d’électroménager ou de multimédia. Aucun salon de massage ou de bien-être, pas plus de salle de gym ou de danse. Pas de toubib, de dentiste, de kiné, de gynéco ou d’ophtalmo privé qui, vu la désertitude ambiante, auraient presque fait office d’attraction. Pas de poney club, de centre équestre ou de parcours d’accrobranche. L’ULM n’est pas encore développé, de même que le parapente et le cerf-volant, qui attirent la pluie. Pas de route 66, pas de panneau de signalisation, pas de gasoil une semaine sur deux, pas de concessionnaire Renault, ni de garagiste tout court. Pas de Grand prix de Monaco, ni de tournoi de Roland-Garros, sauf erreur de ma part. Pas d’office du tourisme et, sans qu’il y ait forcément un lien avec tout ce qui précède, pas de touristes.

 

Le paradis de l’enseignant, je te dis !

 

Problème : il reste la mer, la turquoise avec des petits coraux fluos, qui peut facilement t’entraîner sur les pentes glissantes de la déchéance et des fiches de prép’ bâclées. Mais attention, là encore, tout est prévu ! Il s’agit de la mer dans sa plus simple expression, à savoir avec un masque, un tuba et des palmes, mais sans base nautique,  planche à voile, Kite surf ou wind machin, scooter des mers et autres joyeusetés mondialistes de fort mauvais goût. Sans oublier, ce qui est la moindre des choses, de bien faire gaffe à plonger la tête (et le reste) dans une zone coutumièrement publique et autorisée, lors de périodes bien précises où la mer n’est pas fermée.

 

La plongée bouteille, quant à elle, se déroule uniquement dans le cadre d’une association, depuis que l’ancien club privé a été expulsé avec armes et sans bagages, il y a de cela quelques années. Après palabres et coutumes diverses auprès des grands chefs concernés, il avait été convenu que cette association pourrait sévir dans le cadre limité à la seule zone maritime comprise entre Tadine et Eni. Cet accord verbal, pourtant scrupuleusement respecté jusque là, vient curieusement d’être amputé d’une nouvelle petite parcelle, il y a quelques semaines. Coutume, quand tu nous tiens…

 

Le gros point noir dans cette quête effrénée vers un nihilisme pédagogiquement bénéfique consistait donc, jusqu’à il y a peu, en des parties de badminton en salle, le mardi soir après les cours.

Salle du complexe sportif de Tadurem, filets réglementaires, raquettes de compétition, volants en plume de palmipèdes homologués, dix à quinze personnes assidues (majoritairement des membres du corps enseignant)… Tout était donc réuni pour décompresser bassement après les cours, au lieu de préparer ceux du lendemain.

Fort heureusement, tout est rentré dans l’ordre il y a deux mois, avec une interdiction en bonnet difforme d’utiliser cette salle à l’avenir. Les raisons de ce revirement aussi soudain que brutal sont pour l’heure assez obscures, mais tout laisse à penser qu’une demande d’autorisation coutumière auprès d’un agent d’entretien cousin d’un petit chef de clan aurait été négligée.

 

L’oiseau Pédagogie est encore loin d'avoir été découvert, mais son envol n’a jamais été aussi proche !

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Published by Bob Tazar - dans Découvrir Maré
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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 09:00

Episode précédent

- Monsieur, choisir !
- Non, Jeanne, il ne faut plus choisir. Tu as déjà choisi ton livre, il faut le lire, maintenant.

- Pas mon livre !

- Quoi ?

- Pas mon livre !

- Ce n’est pas ton livre ???

- ^^.

- Mais si, c’est ton livre. C’est celui que tu m’as demandé.

- (outrée) Monsieur, non !

- Comment ça, monsieur non ?! Tu m’as demandé ce livre il y a quelques instants !

- Pas mon livre !

- Pas ton livre ? Mais il est pour qui, alors, ce livre ?

- Louise !

- C’est le livre pour Louise ???

- ^^.

- Et pourquoi est-ce toi qui empruntes un livre pour Louise ?

- Louise elle a peur.

- (double soupir bien sonore) OK. Alors, Louise, tu n'as plus peur. Tu as ton livre et tu le lis. Jeanne, tu en choisis un autre.

 

Démarre une recherche aussi frénétique qu’infructueuse. Au bout de plusieurs minutes, un bon samaritain nommé Jean-Claude, qui farfouillait fébrilement pour son propre compte, tend à Jeanne un opuscule rose fluo à paillettes intitulé « La fée clochette ». Instantanément, le visage jusque là inquiet de Jeanne s’illumine. Une véritable métamorphose, que dis-je, une révélation.

 

- Tu as trouvé ton livre, Jeanne ?

- ^^. (visage radieux)

J’ai tout juste le temps d’enregistrer cet emprunt avant la sonnerie. Jeanne peut repartir, ravie, brandissant fièrement son trophée.

 

Une heure plus tard, Pierre, le surveillant, pénètre au CDI, un livre à la main. Rose fluo à paillettes.

- Trouvé dans la cour.

Comme tu t’en doutes déjà, et cela est rapidement corroboré par un coup d'oeil sur la couverture, il s’agit bien de « La fée clochette ». Coïncidence, J’aperçois justement Jeanne au fond de la cour, en train de rire aux éclats. Je lui fais signe de s’approcher. Elle s'exécute, fort surprise.

- Jeanne, regarde ce que j’ai. Tu as déjà perdu ton livre ?

- Pas moi !

- Comment ça, pas moi ? C’est qui, alors, qui l'a perdu ?

- C'est Louise.

 

 



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Published by Bob Tazar - dans Pédagogie mon amour
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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 03:04

caledonia photo festival

Lecteurs, lectrices, amis, amies, vous avez été nombreux, nombreuses à participer aux primaires organisées pour sélectionner la photo qui allait représenter votre blog favori au concours calédonien « Nouveau regard ».

A la fin de ces primaires qui se sont déroulées sur ce blog ainsi que sur Facebook,  deux photos se sont retrouvées au coude à coude, les numéros 1 et 2. Il a donc fallu que je tranche, d’autant plus aisément que mon choix (qui est quand même celui à qui j’ai la faiblesse d’accorder le plus d’importance) allait de lui-même vers la photo 2.

 

C’est donc cette dernière qui remportera participera au concours Nouveau regard.

 

Nouveau regard sur... battre la cadence


Merci pour votre participation et à très plus pour de nouvelles aventures photogéniques.

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 09:00

 

L’objectif de la séance, tel qu’énoncé par Mme G., professeur de français, est somme toute relativement simple : choisir un livre, commencer à le lire au CDI avant de le terminer à la maison pour, ensuite, en faire un exposé en classe.

 

- Monsieur, choisir !

- Oui, Jeanne. Tu peux choisir un livre.

- Monsieur, déjà.

- Quoi, déjà ?

- Déjà choisi !

- Ah ? Tu as déjà choisi ton livre ?

- ^^.

- En dix secondes ? Eh bien, donne-le moi, pour que je l’enregistre.

- J’ai pas.

- Si tu ne l’a pas, choisis-le.

- Monsieur, déjà.

- (Soupir) Bon, explique-moi : tu as déjà choisis ton livre, mais tu ne l’as pas. C’est bien ça ?

- ^^.

- Tu sais que je ne comprends rien à ce que tu me dis ?

- …

- Explique-moi, Jeanne. Si tu l’as choisis, où est-il, ce livre ?

- C’est toi.

- C’est moi qui quoi ?

- Qui l’a.

- ??? Mais je ne l’ai pas, ton livre !

- Monsieur, donné à toi !

- Quand ?

- Hier.

- Hier, c’était dimanche.

- Donné vendredi hier.

- Tu m’as donné un livre vendredi ?

- ^^.

- Et je l’ai mis où, ce livre ?

- Mheu-sieur, là !

(Jeanne m’indique alors une pile de livres sur mon bureau, effectivement la pile des livres réservés).

- Ah ? Et c’est celui-là, ton livre ?

- Monsieur, non !

- Celui-là, alors ?

- Monsieur, non !

- (soupir) C’est lequel, alors ?

- Çui-là !

- (soupir de soulagement) Bien… (Je lui remets le livre, après avoir enregistré son emprunt sur l’ordinateur). Allez, tu peux t’asseoir et commencer à le lire.

 

Cinq minutes plus tard, je retrouve ma Jeanne accroupie derrière un rayonnage de romans, avec l’attitude ostentatoire de quelqu’un en train de chercher un livre.

- Jeanne, qu’est-ce que tu fais ?

- Monsieur, choisir !

(A suivre)



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Published by Bob Tazar - dans Pédagogie mon amour
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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 08:00

 

Aujourd’hui, point de photos vibrantes d’une émotion colorée difficilement contenue, de textes incisifs et décapants à te pisser contre ou d’anecdotes didactiques de nature à faire sursauter le pédagogue assoupi qui sommeille dans tout commun des mortels figé dans sa mornitude quotidienne. En clair, donc, nous ne parlerons pas de Maré.

Il y a en effet une vie en dehors de l’outre-mer, et il serait bon de m’en souviendre.

 

J’ai été grandement aidé en cela par un courrier récemment reçu de métropole, en provenance de mon percepteur des impôts préféré.
Il ne t'aura pas échappé que, mon activité professionnelle se déroulant depuis 2008 en Nouvelle-Calédonie, c'est dans ce beau pays que je m'acquitte désormais de mes devoirs de citoyen imposable. Mais la France ne m'a pas oublié pour autant. Pour faire court (car tu te fous sûrement à cent euros de l’heure de mes déboires financiers, ce en quoi je ne peux décemment pas t’en vouloir), mon avis d’imposition sur le revenu métropolitain 2010 (de menus revenus fonciers que M. François-Marie Banier ne s’abaisserait même pas à ramasser par terre si d’aventure je les y laissais choir) laisse apparaître une somme conséquente à 4 chiffres, à recouvrir alors même que le revenu imposable déclaré était trois fois inférieur à celui de 2009. Année où j’avais pourtant été déclaré non imposable.

 

J’espère que tu as bien tout compris. Si ce n’est pas le cas, inutile d’aller plus loin dans la découverte de ce passionnant article car, autant te prévenir, cela va maintenant légèrement se compliquer, avec la réponse de l’administration contactée.

Ma question était, en gros : « pourquoi est-ce que je dois payer plus alors que je déclare moins ? » (variante de la célèbre maxime : travailler moins pour gagner moins).

 

Voici la réponse apportée par le gratte-papier intelligeophobe du site Internet ad hoc de l’administration des finances, réponse que je livre en intégralité à ton esprit aussi curieux que sagace (en dessous de Bac + 15 et d’un Magister ès Administratitude, cependant, prière de s’abstenir ou d’attacher sa ceinture) :

 

Bonjour Madame / Monsieur
L'impôt sur le revenu dû par les personnes domiciliées fiscalement hors de
France et qui sont imposées sur leurs seuls revenus de source française, est
calculé en appliquant le barème progressif et le système du quotient familial.
Mais votre impôt sera calculé avec un taux minimum de 20% (14,4% dans les DOM)
à compter de l’imposition des revenus 2006.
Le taux minimum n'est pas applicable si vous justifiez que le taux moyen qui
résulterait de l'imposition en France de l'ensemble de vos revenus de sources
française et étrangère, serait inférieur à ce taux minimum de 20 % (ou de 14,4
%).
Pour bénéficier de cette disposition, vous devez, lors du dépôt de votre
déclaration n° 2042, déposer une déclaration 2042 complémentaire(2042C):
Ø Indiquer en case 8TM de la déclaration 2042 C le montant de vos revenus de
source française et étrangère du foyer fiscal.
Ø Si vous télédéclarez, détailler ce montant dans le cadre « autres
renseignements » de la 2042
Ø Si vous déposez une déclaration papier, justifier ce « revenu mondial » en
joignant à votre déclaration de revenus les justificatifs suivants :
• double de la déclaration de revenus souscrite dans cet État
• copie de l'avis d'imposition émis par l'administration fiscale de l'État de
résidence.
Ces documents doivent être traduits en français.
Vous trouverez les explications relatives à l'application du taux moyen
d'imposition sur le site www.impots.gouv.fr Rubrique Particuliers>Vos
préoccupations>Vivre hors de France
Sélectionnez: Vous n'êtes pas fonctionnaire > votre domicile fiscal est situé
hors de France > Comment serez-vous imposé.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de ma considération
distinguée.

 

Soyons honnête et rendons à ce noble serviteur du Service public à la française, qui allie dans une même prose ciselée par des années de pratique du copier-coller et de la lettre type une solide tradition d’humanisme et de compétence républicaine, ce qui ne lui appartient pas : la formule de politesse finale était tout à fait compréhensible. Moi l’y en avoir bien toute comprite, en tous cas.

Pour le reste, un léger doute continue de m’habiter durement, là où ça fait le plus mal.

Toute personne susceptible de m’aider dans mes démarches et de m’expliquer encore plus clairement le pourquoi du comment de ma situation se verra remettre une somme virtuelle correspondant à la racine carrée de ma considération distinguée.

 

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Published by Bob Tazar - dans Concours
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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 08:25

Garçon aux chiens

Le chien est un mammifère domestique de la famille des canidés, proche du loup et du renard. Il est parfois arrivé qu’un légionnaire confonde un chien avec une chèvre, mais uniquement en état d’ébriété et toujours avec le consentement de la bête. On ne peut donc pas en tirer de généralités.
Si l’on en croit cette définition généreusement proposée par les collègues de Wikipedia, la différence principale entre le chien et le loup serait donc son plus ou moins grand degré de domestication. C’est ainsi que personne n’a jamais raconté à un bambin avide d’historiettes que le petit Chaperon rouge s’était fait dévorer tout cru par son chien. Peut-être de crainte de devoir abandonner, séance tenante, le fidèle Médor dans la forêt de niaoulis la plus proche ?
C’est là que le bât blesse, comme nous n’allons pas tarder à nous en rendre compte.

Il existe de nombreuses races de chien. Rien qu’à Maré, trois espèces cohabitent, en plus ou moins bonne intelligence :

- Ceux de la forêt, qui errent, décharnés, en aboyant le long des routes.

- Ceux des tribus, qui errent, décharnés, en aboyant dans les tribus.

- Ceux de mes voisins, qui errent, décharnés, en aboyant sous mes fenêtres. Surtout la nuit, et en meute.

Le chien jappe, aboie ou fait chier. Souvent les trois à la fois, d’ailleurs.

 

Maré, en effet, est le paradis des chienchiens sur terre, qui ont tout loisir pour se reproduire librement dans la joie et la bonne humeur canine. Les accouplements sont fréquents, parfois sous les yeux des enfants et sans le consentement des familles, et l’usage du préservatif est plus qu’occasionnel. Pour parler franchement, les moyens de contraception sont le plus souvent négligés. Le chien étant ici, comme beaucoup d’autres choses, la propriété de tout le monde et de personne à la fois, aucun risque qu’un quelconque maître attitré ne conduise sa bête préférée au dispensaire, lors des – rares – programmes de stérilisation (gratuite) mis à disposition de la population. C’est toujours ça de préservé chez nos chers toutous que l’ennemi n’aura pas !

 

Le molosse maréen se reproduit donc à une cadence proche de celle du lapin, qui, lui, n’existe pas sur l’île. Cela est fort regrettable, à mon sens, le lapin ayant pour lui deux qualités que ne possède pas son homologue cabot : le goût en civet et la discrétion.

 

Quelles que soient les qualités du plus fidèle ami de l’homme (après la femme), force est de reconnaître que le chien nengone ne fait pas, en effet, dans la pondération. C’est plus fort que lui, il faut qu’il se plaigne. Bruyamment, pendant que la caravane passe. L’autochtone a beau rivaliser d’ingéniosité et user de maints artifices pour amadouer son fidèle compagnon à cinq pattes (coups de bâton, de pied ou de pierres distribués gracieusement et sans compter), le canidé local ne fait pas beaucoup d’effort pour se rendre attachant. Il reste constamment vindicatif, surtout lorsque les poubelles qu’il vient d’éventrer se révèlent insuffisantes à satisfaire son insatiable appétit d’ogre féroce. Il attaque alors sans vergogne les mollets des marcheurs, coureurs et autres cyclistes lors de manœuvres bassement sournoises qui font ressembler une banale balade à la plage de Yedjele en une opération survie dans les bas-fonds des quartiers Est de Nizza la Bella. Certains s’y risquent même avec une poignée de poivre dans la pogne. Ce n’est pas pratique, surtout pour saluer les copains. Et il faut bien faire attention au sens du vent lorsque l’on se fait mordre.

                                                                                                         

Selon une croyance canine ancestrale, le caoutchouc des pneus 175/70 R14 de Renault Clio blanche serait comestible et ferait à son consommateur, qui plus est, un poil long et soyeux. Cela explique sans doute les assauts incessants dont fait l’objet mon véhicule véloce, par des infâmes roquets aussi teigneux que suicidaires. Cependant, le cabot maréen, en plus d’être malveillant, se révèle également fort distrait. Il confond fréquemment les pneus de Clio sus cités avec ceux d’un pick-up 4x4 double cabine. A plus de cent kilomètre/heure, cela lui en bouche parfois un coin.

 

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Published by Bob Tazar - dans Découvrir Maré
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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 09:00

Little girl dreaming – New Caledonia :

Tu n’es pas sans savoir que, sur Flickr, se trouvent en libre exposition toutes les photos de ce blog et bien d’autres encore. Comment ? Tu ne savais pas ? Ah, bon, j’ai eu peur !

Parmi les nombreuses fonctionnalités qu’offre ce site de partage de photo, on trouve une option « statistiques » fort intéressante. C’est ainsi que je viens de me rendre compte que la photo la plus visionnée (plus de 300 fois à elle seule) parmi les quelques 700 que compte ma galerie est la photo judicieusement intitulée « little girl dreaming », ce qui signifie, pour les lecteurs francophones qui ne maîtrisent pas bien le Nengone, « la petite fille qui rêve ».

Cette petite fille a une histoire.
Depuis bientôt 3 ans que je traîne mon Nikon à refroidissement liquide en pays maréen, de fêtes en mariages et de foires en kermesses (sans oublier les simples repas en tribu, à la bonne franquette), je la croise régulièrement. Elle habite (elle reste à) Tadine, mais, alors que la plupart des habitants de l’île se déplacent peu, je la retrouve régulièrement en diverses occasions, de Patho à Wabao, en passant par Nidenod ou Wakone.
Souvent seule et pensive. Mais jamais triste, car toujours absorbée par les danses ou les chants proposés. Une vraie petite spectatrice, en fait.



flickr-yahoo-logo

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 08:45

caledonia_photo_festival.jpg 

 

Tu n’es pas sans savoir que, dans toute bonne élection (piège à con) qui se respecte, des primaires sont nécessaires pour départager les candidats d’un même camp. C’est ainsi que, très prochainement, Sarkozy et Coppé devraient s’étriper loyalement, pour le compte de l’UMP. Côté PS, Royal, Aubry, DSK, Mélenchon, Fabius, Hollande, Lang, Emmanuelli, Montebourg, Peillon, Hamon, Dray, Delanoé et Tapie ne devraient pas tarder à régler leurs légers différents idéologiques à coups d’invectives bien senties. Sans oublier les camarades cocommunistes, du moins ceux qui restent, dont la bataille pour le pouvoir devrait se circonscrire à un bras de fer entre Youri Gastaut et Leonid Roggi.
Mais je m'égare.

Du côté de l’oiseau Pédagogie, par contre, les primaires qui s’annoncent devraient se dérouler dans le calme et la bonhomie, comme il sied naturellement à un blog de cette tenue. Il va s’agir, tout simplement (mais quelle responsabilité !), de sélectionner LA photo qui représentera le blog dans un concours sobrement intitulé « Nouveau regard ». Le thème de cette année sera « couleurs », ce qui est un bien joli thème, non ? 

Voici donc les photos pré-sélectionnées par un jury impartial et compétent composé de moi-même. A vous maintenant, par vos commentaires, de me dire laquelle de ces 6 photos vous semble la plus apte à participer à ce concours. Et à le remporter, oeuf corse.


Les photos en pré-sélection :

1/ Nouveau regard sur… la petite distribution

2/ Nouveau regard sur… comment battre la cadence

3/ Nouveau regard sur… les grands-mères

4/ Nouveau regard sur… les Malabars géants

5/ Nouveau regard sur… les chapeaux à fleurs

6/ Nouveau regard sur… comment s’éclater en musique

 

J'attends votre choix et vos commentaires...




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06 

Attention : si, protection de l’emploi local oblige, ce concours sera uniquement réservé aux résidents de Nouvelle-Calédonie, les préliminaires primaires sont ouvertes à tous.

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Published by Bob Tazar - dans Concours
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