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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 11:00


Lundi matin, 11 heures. Après une nuit aussi courte qu’agitée (la faute au grand-prix de Monza, à Monaco/PSG, aux demi-finales de l’US Open et à une dent du fond aussi maligne que récalcitrante), je me pointe, la gueule dolipranée, au dispensaire de Tadine, dans l’espoir avoué d’obtenir un rendez-vous pas trop lointain avec le dentiste du coin.

Derrière un guichet protégé par une triple épaisseur de vitrage made in Banque de France, à l’épreuve des balles et de la grippe A, une secrétaire accorte et à la robe mission éclatante de santé m’accueille d’un sourire méfiant.

- Je voudrais un rendez-vous avec le dentiste, s’il vous plaît, madame.

- Y faut voir directement avec lui, dans son cabinet.

- Et il est où, son cabinet, s'il vous plaît ?

- Fond du couloir...

Ravi (pour ne pas dire surpris) de cette réponse aussi diligente que précise, je me dirige vers la salle de torture d’un pas encore assuré. Assis sur un banc, devant la porte fermée dudit cabinet, un vieil homme aux ratiches carbonisées et disjointes semble être là pour les mêmes raisons que moi.

- Là, m’indique-t-il d’un coup de menton malrasé, en réponse à ma question et en m’indiquant le cabinet tout proche.

Je me mets alors à faire ce que ferait toute personne douée de raison à ma place : attendre. Sereinement, d’autant plus que le dentiste en question a abandonné, depuis quelques années déjà, la massue et le sabre qui constituaient jadis ses outils de travail les plus perfectionnés.


Au bout d’une vingtaine de minutes, cependant, ma patience de jeune métropolitain fougueux n’ayant pas encore atteint les capacités de résistance du Kanak lambda, je me lève et vais toquer délicatement à l’huis clos. Pas de réponse. Je fais jouer la poignée : fermée à simple tour (ou à double, si tu préfères, bien que je n’ai pas vérifié).

Fort surpris, je retourne au guichet d’accueil, armé de ma plus belle phrase interro-irritative :

- Pardon, madame, le dentiste n’est pas là ?

- ^^. Y travaille pas lundi matin. Y faut revenir l'après-midi.



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Published by Bob Tazar - dans Les dialogues chocs
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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 01:05


- Monsieur, c’est qui l’enfant qui joue au foot, là bas ?

- Lequel ?

- Le Blanc.

- Celui avec le tee-shirt vert ?

- ^^.

- C’est mon neveu.

- Ton fils ?

- Non, mon neveu.

S’ensuit un long moment de silence, que met à profit mon petit interlocuteur pour digérer cette annonce pour le moins inattendue. Pendant ce temps, à l’autre bout du stade, les
Ignames hypocondriaques viennent de réduire le score, contre le cours du jeu.

- Monsieur, pourquoi ton neveu il est là ?

- Parce qu’il est en vacances. Ce sont les grandes vacances, en France.

- Awa, monsieur ! (exclamation courroucée) Mentir ! (exclamation ulcérée)

- Mais je ne mens pas, ce sont bien les grandes vacances en France. Et sais-tu pourquoi ?

- ???

- Parce que c’est l’été, en France.

- L’été ? C’est quoi ?

- Ben, une saison. Tu sais ce que c’est, une saison ?

- ^^.

- C’est quelle saison, actuellement, en Calédonie ?

- La saison des letchis !

- Heu, non… Actuellement, en Calédonie, c’est l’hiver. Mais en France, c’est l’été, donc les grandes vacances. Tu as compris ?

- Comme lundi ici, dimanche là bas.

- Quoi, lundi ici ??? De quoi parles-tu ?

- Lundi ici, dimanche là bas.

- Ah ! Tu veux sans doute parler du décalage horaire ?

- …

- Mouais… enfin… ce n’est pas la même chose… Les saisons, c’est une histoire d’hémisphère et… Bref, maintenant, c’est l’hiver en Calédonie et c’est l’été en France, donc les grandes vacances. Tu as compris ?

- A Maré, c’est quoi ?

- Quoi, à Maré c’est quoi ?!? Mais, à Maré, c’est comme en Calédonie, voyons ! Enfin… Maré, c’est la Calédonie, non ?

- ^^.

- Donc, (très lentement) à Maré, c’est l’hiver, et en France, c’est l’été. Par contre, en décembre, c’est le contraire. C’est l’hiver en France et l’été en Calédonie. C’est pour ça qu’ici, à Maré, on a les grandes vacances en décembre et pas maintenant comme mon neveu qui vient de France. Tu as compris ?

- Choc, les vacances !

- Oui, choc. Alors, c’est à quelle saison, les grandes vacances ?

- La saison du thé !

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Published by Bob Tazar - dans Les dialogues chocs
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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 10:15

 
Inauguration, aujourd'hui, d'une nouvelle rubrique qui devrait connaître un grand succès et intitulée sobrement « les dialogues improbables ». Des dialogues garantis 100% maréens.


Je suis seul sur ma terrasse en cette chaude soirée du mois de mars. Il est 20h00, mais, malgré l'été qui joue les prolongations, la nuit est tombée depuis longtemps. Sans se faire mal, fort heureusement. Je savoure une salade d'avocats maison, production locale qui fait la renommée de l'île, tout en dévorant la page sport des Nouvelles Calédoniennes (il faut dire qu'elles sont constituées, pour la rubrique internationale, d'extraits de la Bible, pardon, de l'Equipe de la veille, ce qui permet de continuer à vivre dignement).
Le silence est total, simplement troublé par les bruits de la nuit, le couinement de margouillats rampants au plafond et le vol en piqué de papillons désorientés.
La route principale (et unique si l'on excepte quelques chemins de traverse) de Nécé qui borde ma maison, une trentaine de mètres plus avant, est déserte. Parfois, un grincement caractéristique m'indique qu'un cycliste est en train de passer, tout feu éteint. Je ne le distingue même pas dans le noir. Plus rarement, le passage d'une automobile brinquebalante jette sur le terrain des ombres irréelles, lorsqu'elle est munie de phares, bien sûr.

Bien qu'absorbé par la lutte que se livrent Nancy et Marseille pour la 3° place du championnat (depuis que les marseillais luttent à armes égales avec leurs concurrents, ils ne se battent plus que pour les accessits), je perçois soudain une présence humaine, à côté de moi.

Un kanak d'une quarantaine d'années se tient debout, à quelques centimètres de la table. T-shirt sale, short du même tissu, il est pieds nus ce qui explique qu'il ait pu traverser la terrasse dans toute sa longueur (quinze mètres, quand même) sans que je ne perçoive le moindre bruit. Seul un léger bruissement, en fin de course, m'a fait sursauter. Je ne suis pas cardiaque, fort heureusement, faute de quoi cette histoire n'aurait jamais pu être révélée à la communauté internationale en émoi.

Je l'interroge à la locale, c'est-à-dire d'un haussement de sourcil signifiant, tout à la fois, ma surprise et un léger mécontentement. Devant l'absence de réaction, l'individu se contentant de me fixer d'un œil morne, je prends l'initiative du dialogue, d'une voix moyennement assurée :
- Qu'est-ce que vous voulez ?
Aucune réaction. Son regard, toujours aussi impassible et intimidant, est rivé sur moi. J'ai du mal à le soutenir et ne peux m'empêcher d'abaisser les yeux. J'en profite pour m'assurer qu'il ne tient pas un sabre dans sa main calleuse. Tout va bien de ce côté-là.
Tout à coup, semblant sortir de léthargie, son visage s'anime quelque peu et le voilà qui prend l'initiative de relancer le débat :
- ça va ?
- Heu... oui,... et vous ?
Haussement de sourcil affirmatif, me voilà rassuré sur son compte.
Décidemment très en verve, le voilà qui reprend la parole, cette fois-ci avec un large sourire :
- Bon, ben... à demain.
Sans attendre ma réponse, qui, de toutes façons est restée bloquée dans ma gorge, mais après m'avoir chaleureusement serré la main, il fait demi-tour et retraverse lentement la terrasse, direction la sortie. Puis, après avoir descendu deux marches, il foule la pelouse d'une démarche traînante et disparaît mollement dans la nuit.


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Published by Bob Tazar - dans Les dialogues chocs
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