Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 19:25


8 janvier : dans quelques heures, le dernier des profs métropolitain en fin de contrat devra obligatoirement avoir quitté le territoire. L’Administration, dans toute sa psychorigidité légendaire, ne rigole pas avec le règlement. Depuis presque un mois, et le début officiel des vacances d’été, les départs s’échelonnent donc entre ceux qui veulent passer les fêtes en Zoreillie et ceux qui veulent rester jusqu’au bout du bout.

Pour ma part, ça sera le vol du 8 janvier à 01h45. Le bout du bout, donc. Vol AF pour Nice, via Osaka et Paris. Un voyage de 30 heures pour une arrivée à Nizza la bella, par la grâce du décalage horaire, le même jour à 20 h (19h55 très précisément, pour ceux que ça intéresse…).

 

La fin d’une aventure de 4 ans (dont 3 passés à Mare, l’île « qui parle à votre cœur »), constituée de moments exceptionnels et d’autres plus difficiles. Pour un bilan, globalement, largement positif et des souvenirs inoubliables à la pelle. Des souvenirs de franches rigolades, de solides amitiés, de paysages paradisiaques, de voyages dans le temps, de gamins aussi attachants qu’inaccessibles… Des souvenirs d’une île fascinante, déroutante souvent, désespérante parfois… Des souvenirs d’une société kanak que j’aurais approchée de mon mieux, de particularismes captivants, de coutumes fortes, parfois pesantes… Des souvenirs d’un voyage éclair, d’un autre monde…

 

Comme vient à l’instant de me l’écrire mon pote Eric, grand philosophe niçois méconnu, « partir n'est pas facile, mais revenir non plus ».
Bonne et heureuse année à tous.
 

 

Par Bob Tazar - Publié dans : L'actualité - Communauté : Carnets-de-voyages
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Lundi 26 septembre 2011 1 26 /09 /Sep /2011 10:15

VAN 242__

 


Episode précédent

 

Récapitulons.

Les tas de barbaque et de bananes, c’est fait.

La poudre magique dans la gueule des invités, c’est fait.

Le consentement mutuel des époux, on va dire que c’est fait.

Ne reste donc plus, pour clôturer la fiesta en beauté, que le partage du butin entre les différentes composantes des familles. N’oublions pas que cette étape cruciale est la principale raison d’être des mariages coutumiers qui, avant toute chose, scellent des alliances entre clans. On réserve la fille un an à l’avance, on l’achète le jour J et, hop, les clans sont liés ! Si les deux tourtereaux, par le plus grand des hasards, s’aiment d’amour tendre, ça ne gâche rien, bien sûr. Mais on ne va pas non plus paumer du temps à leur demander leur avis, que sinon, on s’en sort plus, merde.

Survenant après les traditionnelles palabres, le partage est l’occasion pour les bénéficiaires (les tontons utérins et la mère de la mariée, sauf erreur de ma part) de récupérer les tas préalablement disposés. Puis, à grands coups de sabre supplémentaires, vite fait sur le gaz, de les scinder en nouveaux tas plus petits qui iront à d’autres bénéficiaires, toujours plus nombreux pour bien embrouiller l’histoire.

A suivre

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Par Bob Tazar - Publié dans : Vanuatu - Communauté : Carnets-de-voyages
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 08:00

VAN 177_

Episode précédent 

(…) Tous ces préparatifs minutieusement achevés, et les tas en place bien comme il faut, les affaires sérieuses peuvent commencer. Discrètement, les mariés ont pris place sous un faré spécialement installé pour l’occasion. La foule des invités commence à défiler dans le calme pour aller les féliciter et leur souhaiter une vie heureuse remplie de petites ignames.

En tête du cortège, pudiquement dissimulées sous un grand manou, se dandinent cinq jeunes filles, probablement l’équivalent de nos damoiselles d’honneur.

Viennent ensuite les porteurs des cadeaux destinés directement aux mariés. Ces présents sont tous plus alléchants les uns que les autres : valises anachroniques renfermant un contenu secret (j’opte pour des régimes de bananes, mais la présence de pièces de bœuf n’est pas à exclure), nattes tressées, râteaux, bassines en plastique…

Les invités, à la queue leu leu, se pressent sous le faré. Ils embrassent les deux tourtereaux et, avant de ressortir, reçoivent en échange et en pleine poire une poignée d’une poudre blanche mystérieuse, ni farine, ni cocaïne, que pour t’enlever ça, après, c’est tout un bordel… Renseignement pris, il s’agit d’une poudre spéciale vendue uniquement pour un usage festif. Lorsque j’explique que, chez moi, la coutume veut que ce soit des poignées de riz que l’on jette sur les nouveaux époux, je déclenche quelques regards surpris devant des mœurs aussi curieuses :

- Ici, le riz, on cuit et on mange lui.

Au bout d’une demi-heure, les derniers invités quittent le faré. Je guette fébrilement l’apparition des deux épousés de frais, histoire de leur tirer le portrait. Je n’aperçois que la jouvencelle, qui apparaît mollement dans un nuage féerique de poussière crayeuse. Visiblement, elle n’a pas mégotté sur la poudre magique. Mariage crayeux, mariage heureux ! Elle irradie, magnifique dans sa robe mission Jean-Paul Gaultier, modèle « Libertine ». Nous assistons émerveillés à un retour en force des imprimés, motifs floraux novateurs aux nuances bicolores d’un bleu délicatement up-to-date, agrémentés d’un gimmick fashion audacieusement mordoré. Son mari et maître, par contre, est aux abonnés absents. Visiblement, il s’est carapaté en douce par derrière.

Alors que, petit occidental romantique qui ne se refait pas, j’exprime à haute voix ma surprise de ne pas voir les néo-mariés sortir ensemble de sous le faré, tendrement enlacés, le regard humide chaviré par un trop plein d’émotion passionnée, pour offrir à la foule avide la vision de leur bonheur torride, j’obtiens cette réponse au charme délicieusement suranné :

«  Maintenant le mariage il est fini, la vie elle redevient normale : les hommes avec les hommes, les femmes avec les femmes. »

 

A suivre…

 

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Par Bob Tazar - Publié dans : Vanuatu - Communauté : Carnets-de-voyages
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  • : Sur les traces de l'oiseau Pédagogie (Maré, Nouvelle-Calédonie)
  • : Partez, en compagnie de Bob Tazar, jeune et fier enseignant métropolitain exilé volontaire dans une petite île de Nouvelle-Calédonie, sur les traces de l’oiseau Pédagogie, oiseau magique qui offre bonheur et retraite à 40 à ses possesseurs. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Maré, une île magnifique et déconcertante qui parle à votre cœur…

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